L’examen du tissu tumoral

Quand l’histoire familiale est évocatrice d’un syndrome de Lynch, on peut examiner s’il y a une mutation dans un de gènes précités. Dans une première phase,  il est possible d’examiner le tissu tumoral d’un apparenté qui a (eu) un cancer colorectal: les cancers colorectaux causés par une mutation dans les gènes qui jouent un rôle dans le syndrome de Lynch ont en effet des caractéristiques spécifiques. Cet examen du tissu tumoral sert de présélection et peut déjà  indiquer si l’analyse de l’ADN s’avère utile.

Toutes les caractéristiques de l’homme sont définies dans un certain code du matériel génétique ou l’ADN. Pour remplacer les vieilles cellules ou les cellules endommagées, le corps reproduit constamment des nouvelles cellules. Cela se fait par la division cellulaire (ou ‘mitose’) : une cellule se divise en 2 : chaque partie va de nouveau se diviser en 2 etc.…..Pendant cette mitose, l’ADN va être dédoublé pour qu'il puisse être réparti entre les cellules filles qui vont se former. Pendant cette division cellulaire, il y a toujours quelques fautes dans le code de l’ADN mais ces fautes sont corrigées par ce qu’on appelle des ‘gènes réparateurs’ (aussi appelés ‘ADN – mismatch repair gènes’ ou ‘MMR-gènes’).
Dans le cas du syndrome de Lynch, ces gènes ne fonctionnent plus comme il faut, ce qui fait que les erreurs dans le code de l’ADN ne sont pas bien corrigées et qu’elles vont s’accumuler, ce qui peut mener au développement d’un cancer.
Pour établir le diagnostic du syndrome de Lynch dans une famille, on peut – dans un premier temps – examiner l’ADN de la tumeur chez un membre de la famille avec un cancer colorectal. On étudie alors les irrégularités dans la transcription des petites parties de l’ADN (MSI = instabilité micro-satellite) lors de la division cellulaire. Lorsqu’on y trouve une accumulation d’erreurs, le diagnostic du syndrome de Lynch devient très probable. On peut élargir cette analyse avec un examen immunohistochimique (IHC). En temps normal, la reconnaissance et la correction des erreurs (mismatches) de l’ADN se fait par des protéines qui sont produites par les gènes MMR. Ces protéines peuvent être mises en évidence à l’aide de la coloration immunohistochimique. L’immunohistochimie permet de démontrer une perte d’expression des protéines codées par les gènes de réparation de l’ADN (MMR gènes) au sein des cellules tumorales en comparaison avec les cellules normales environnantes. Si l’une ou l’autre protéine ne se colore pas ou plus faiblement, cela donne une indication sur le gène dans lequel se trouve probablement une mutation.

La combinaison de MSI et de IHC donne probablement la meilleure réponse à la question de savoir si l’apparition de la tumeur est liée à un défaut bien précis d’un gène réparateur de l’ADN. Dans une seconde phase, on peut faire un examen sanguin.